Mercredi 5 septembre 2007
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15:48
Comme je l'ai déjà dit tout à l'heure, niveau nourriture, à Londres, ce n'était vraiment pas ça... Des restaurants tous les jours, des
déjeuners à 15h (voir 17h!!) et des dîners à 22h et quelques, des tas de frites tronant à côté de moi à table, des assiettes plus que garnies, etc. Ajouté à ça la fatigue (on a marché comme des
tarés! Le dernier jour, on tenait à peine debout! oO), et vous obtenez un cocktail détonnant...
Puis il y a eu Paris avec un pote. Et là, le soufflé est retombé. Petit-dèj à l'hotel, "attrapage" de valise, et départ pour Nanterre. Arrivé chez Greg, qui me propose une chocolatine (il venait
de se lever XD). Non merci, pas envie! Mais vraiment pas envie hein =) Avais mangé avant, pas faim!
Départ pour Rock en Seine. Aller, personne n'a faim ? On zappe le déjeuner, pas grave! oO
15h30, il commence à faire faim! Qu'à celà ne tienne, on mange une crèpe au sucre sans culpa.
19h30, faudrait peut-être manger avant Bjork! En plus, il fait faim! Et va-s-y qu'on aille
manger une paëlla et une crèpe au sucre! Toujours pas de culpa!!
Et ce n'est qu'un aperçu de mon séjour! De dimanche à jeudi matin, j'étais toujours dans le même état d'esprit! Pourtant, on s'en ai fait des restau! Et on a aussi mangé à des heures pas
possibles! Comme quand on est sortie des catacombes! On est partie manger une galette bretonne à 16h lol Impensable pour moi en temps normal! Si ça ne rentre pas dans ma tranche horaire, je ne
mange pas!
Mais là...
Se faire plaisir, manger à sa faim, le tout sans culpabiliser, ni entendre de petite voix, je vous l'avoue, je n'y croyais plus depuis février 2006. Et pourtant... J'ai réalisé plein de choses.
OUI je peux manger à des heures pas possibles, et alors ? OUI, je peux avoir faim sans être foudroyée sur place! OUI, je peux me faire plaisir sans que cela dégénère. Je n'y croyais plus. Ca me
semblait tellement loin, tellement flou.
J'ai redécouvert les joies de manger avec quelqu'un que j'apprécie beaucoup, j'ai redécouvert le plaisir de manger sans tout engouffrer, ni me hater parce qu'il faut finir vite vite avant que ça
dérape.
J'ai eu l'impression de vivre pendant ces cinq jours. Non, pas l'impression. J'ai vécu pendant ces cinq jours! VECU!
Et je me rends compte aussi de quelque chose. Ce matin, j'ai été démoli par le chiffre indiqué sur la balance. 56,8 pour 1,71m. Une obèse, une vache, une grosse truie abjecte, et autres surnoms
on ne peut plus affectueux ont jailli dans ma tête. Incapable de manger. Incapable de penser à autre chose qu'à l'habituel "maigris!!!".
Mais voilà, en allant chez la psy, j'ai eu le temps de ressasser tout ça. Bon, j'ai repris deux kilo. Mais quand je faisais mon inspection journalière de tout ce qui n'allait pas, n'avais-je pas
l'impression d'avoir perdu ? L'impression qu'il y avait moins de gras que d'habitude sur mon petit bidon ?
Et là, je me dis que peut-être, pendant ces cinq jours, j'ai appris à voir mon corps tel quel. Sans les tonnes de gras habituels. Non, un corps comme les autres le perçoivent.
Je ne sais pas, mais je le prends bien d'un coup.
Et si ma vision redevenait claire ? Et si mes yeux avaient enfin retrouvé la vue ?
Je ne sais pas. J'espère. Très fort.
Et je me dis que ça peut m'aider à avancer. Il faut que je continue, que je ne baisse pas les bras. Je sais que je peux y arriver. Je sais qu'on peut toutes y arriver. Une vie sans obsession de
la bouffe, sans obsession des calories, une vie normale...
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